Il était une fois, dans un petit village de Grèce, un jeune berger.
Sa vie se passe dans les collines, avec son troupeau, à l’écart du village. Un jour, une nouveauté : le berger rencontre un groupe de jeunes filles.
Est-il surpris de les voir ? Ils se trouvent bien loin des maisons et des routes fréquentées.

Peut-être les a-t-il déjà aperçues ? En cachette. Il y a une source un peu plus haut, dans la montagne. Une belle source, avec une eau pure, aux reflets de violette. Personne ne résiste ; tout le monde veut s’y baigner. Et si le jeune homme avait voulu observer les jeunes filles ?
Ces filles ne sont pas timides. Pas de mouvement en arrière, pas d’observation à travers les cils, pas de rire gêné. Elles prennent l’initiative. Sans détour, elles affirment posséder un savoir infini ; elles connaissent le passé, le présent et le futur du monde entier. C’est beaucoup. Énorme même.
Cherchent-elles à se rendre intéressantes ? Non, elles sont sincères. Le jeune homme le sent.
Quand on est un berger, quand on vit dans la nature avec ses bêtes, on sait reconnaître les dieux et les déesses.

On sait aussi que quand une divinité vient à notre rencontre, ce n’est jamais par hasard. Les jeunes déesses ont décidé de parler au jeune homme. Elles ont besoin de son aide. Il leur faut un porte-parole parmi les humains. Elles cherchent quelqu’un capable de faire entendre leur savoir, de le transmettre à travers le monde.
Qui est réellement ce jeune homme ? Que fait-il avant ce jour-là ? A-t-il des rêves, des ambitions ?On n’en sait rien. On ne sait pas non plus ce qu’il fait après. Se marie-t-il ? A-t-il des enfants ?
On ne connaît que ce qu’il chante lui-même. Car, oui, le jeune homme accepte la proposition des déesses.
On le sait parce que dans un de ses chants, il dit s’appeler Hésiode et il raconte sa rencontre les divines muses.
Grâce à elles, pour elles, avec elles, il chante le monde.