Paroles de muses

Il y a très longtemps…
… commencent les histoires.

Les histoires qui font rêver. Les histoires qui font peur. Un sourire se dessine. Une larme coule.
Nous sommes emportés loin, très loin.

Il y a très longtemps commence l’histoire d’un homme qui écrit une histoire.
Une longue guerre vient d’avoir lieu et cet homme veut comprendre. Qui sont les hommes impliqués ? Les chefs, les soldats, les peuples. Comment vivent-ils ? Avec quelles traditions ? Le temps ne doit pas amener l’oubli !

Cet homme s’appelle Hérodote. Il est grec. Un Grec d’Halicarnasse, une ville de Carie comme on appelle à l’époque cette région, aujourd’hui la côte sud-ouest de la Turquie.
Curieux, Hérodote enquête et se met à écrire.

Comment Hérodote rédige-t-il ses enquêtes ? Impossible de le savoir.
Est-ce qu’il se balade avec un sac rempli de feuilles de papyrus ? Retranscrit-il les mots exacts de ses témoins ?
Accepte-t-il que des amis relisent ses premiers chapitres ? Pense-t-il à sauvegarder des copies ?

De sûr, le temps ne l’oublie pas : il devient le père de tous ceux qui racontent des histoires.
Et on le vénère tellement qu’on nomme les neuf livres de ses enquêtes d’après les neuf muses.

Il y a moins longtemps, je me suis mise à écrire moi aussi.
Des lignes très sérieuses, des phrases bien construites. Mes histoires étaient remplies d’explications, de justifications, de notes. J’écrivais pour l’université, dans le style académique.
Écrites de cette manière, ces histoires ne font pas rêver.

Ce site est mon cahier d’écriture.

Avec vous, je partage mon enthousiasme pour les vieilles histoires de l’antiquité. Et pas seulement.
Je tisse des liens à travers les siècles, les langues, les cultures. Je dialogue avec les innombrables personnes qui écrivent des histoires.
Au hasard des rencontres, dans ma bibliothèque et ailleurs.

Camille


Merci à Ryszard Kapuściński pour ses descriptions sans filtre du monde et ses questions sincères, en particulier sur Hérodote (« Mes voyages avec Hérodote », traduit par Véronique Patte, Paris 2006 ; édition originale 2004). Il m’a inspiré cette introduction.

Merci à Paolo Rumiz et son livre « La légende des montagnes qui naviguent » (traduit par Béatrice Vierne, Paris 2017 ; édition originale 2007). Il m’a fait rencontrer Ryszard Kapuściński. Il m’a poussée à cheminer.

Des clins d’œil chaleureux, des légers battements d’ailes de papillons à tous mes compagnons de route, depuis les temps archaïques grecs jusqu’à aujourd’hui.